Défi Nord Predators, manche Boucle de Seine, résultat !

Rapide retour sur la journée d’hier !

Samedi en début d’après midi, je passe chercher Fabien chez lui. Nous faisons une halte rapide chez Renaud pour récupérer quelques affaires et finissons par arriver au plan d’eau !

Notre but était d’arriver de jour afin de gonfler le pneumatique (SARO One-M 270) et de finaliser les préparatifs. En effet nous voulons mettre un moteur électrique classique à l’arrière du bateau, plus un autre moteur commande à main à l’avant, mais dont l’hélice a été inversée. Nous bénéficierons ainsi des cinq vitesses vers l’avant sur les deux moteurs. Malheureusement la pluie contrarie un peu nos plans. Nous allons au repas sans que tout ne soit vraiment prêt. Ensuite nous retournons aux chambres et là je suis assez étonné. Tout le monde part se coucher ! Impensable pour nous… Trop habitué à l’ambiance des Rencontres BBF (notre seule vraie expérience de rassemblement bateaux), je m’étonne de cet individualisme. Bon tant pis, on va préparer les cannes. Nicolas, Clément et Cédric nous rejoignent tout de même dans notre chambre pour partager une bière et nous « assister » dans nos préparatifs… Et finir, à pas d’heure, par percer, scier et limer (merci à Cédric et Patrick pour les outils !) le support de moteur avant afin que l’hélice soit suffisamment basse pour être dans l’eau (l’arbre du moteur étant un peu court…). Après ce « détail », nous retournons à la chambre avec Fabien, pour finir la provision de stingers et de bas de ligne !!! Très occupés à refaire le monde de la pêche, nous ne voyons pas le temps passer. Notre nuit est du coup très courte, sans compter le changement d’heure… ! Les premiers bruits de concurrents me sortent de ma léthargie à 5h du matin !! Soit 3 heures avant le départ… Mais finalement nous mettrons ce temps à profit pour finir (pour de vrai cette fois !) le montage du sondeur et des moteurs, ainsi que l’installation du matériel dans le bateau. Nous sommes finalement prêts à 8 heures précises ! Nous serons toutefois les derniers à nous élancer, laissant la priorité aux « gros ». L’armada de bateaux est impressionnante, surtout vue d’un pneu de 2m70… Il y a quelques roto-moulées mais le niveau d’équipement moyen est important, avec quelques très gros bateaux ! Nous avons (et de loin !) l’embarcation la plus petite ! … Ça sera notre fierté. 🙂 Maintenant, objectif un poisson !

Comme nous l’espérions secrètement, le SARO One-M 270 file comme une comète ! Extrêmement léger, il a un très faible tirant d’eau et ça nous permet d’avancer à vive allure. Pour démarrer nous descendons juste le moteur arrière et traçons vers la berge d’en face. Beaucoup de bateaux stationnent sur la berge de mise à l’eau, ça nous semble étrange (en fait il y aura une bonne explication…) mais nous nous en tenons au plan prédéfini. Une fois les dix minutes de traversée effectuées, je débute avec un Fat Rockvibe Shad 4 pouces, coloris Chart Pepper (#419), comme conseillé par David. Fabien est au spinner devant afin de réveiller les poissons. Après une vingtaine de lancers, je sanctionne d’un ferrage costaud une touche moyennement franche. Nous apercevons le poisson piqué sur le bord, il est joli : 65 cm environ. Je le ramasse rapidement à la main, pendant que Fabien met de l’eau dans notre caisse (et oui, nous ne disposons pas d’un vivier sur le pneumatique !). Nous sommes euphoriques. Le brochet est en pleine forme, nous décidons de rester sur zone quelques minutes. Tout excité et manquant de concentration, je commet alors deux erreurs, provoquant deux perruques sur deux de mes moulinets. La poisse débute. Tout de même soucieux pour le poisson, nous décidons de traverser immédiatement afin de  le faire mesurer. 10 minutes plus tard, nous arrivons à la mesure. Coco est déjà venu avec un brochet de 1420 grammes, mais nous lui prenons la pôle position (temporaire !!!) avec notre poisson de 1890 g.

Une fois la pesée effectuée et le brochet tranquillement rendu à son élément, nous repartons pour la traversée. Et c’est là que la journée bascule… Essayant de tirer profit de ce temps perdu (la traversée du lac ne se fait pas en 30 secondes…), je lance le leurre  d’une canne emmêlée et commence à essayer de défaire cette satanée perruque. En vain. Tout occupé à tirer sur les boucles, je contrôle mal notre direction. Je décide donc d’arrêter et ramène le montage un peu vite… Arrive ce qui devait arriver, le leurre sort de l’eau pleine balle… Je prends peur pour Fabien qui est derrière moi et, par réflexe, j’arrête le leurre à la volée. Le triple voleur fait alors son office (y’a pas à dire, c’est piquant un Owner…) et vient se planter dans mon index gauche. Je constate les dégâts : l’ardillon est bien dans les chairs et l’hameçon est piqué à l’intérieur d’une phalange. Je jongle un peu. Impossible de le faire pivoter afin d’écraser l’ardillon et de ressortir tranquillement en marche arrière. M’en voulant de nous faire courir le risque du forfait, j’opte pour l’option barbare (/idiote) en tirant d’un coup sec. Manœuvre efficace, qui me fait pisser le sang, tandis que le doigt gonfle instantanément. Nous repartons donc à la pesée afin de tester l’infirmerie du Défi Nord !!! Et oui Patrick, il ne fallait pas accepter  notre inscription ! 🙂 Une poupée est installée par Régis autour de mon doigt qui ne veut plus s’arrêter de saigner. Enfin bref on repart. Fait amusant, Numa relayera ces premières infos sur Predator Fishing. FTF a donc son moment de gloire : c’est déjà pas si mal !

Après ces désagréments, nous retournons donc sur notre zone de départ. Où il y a du coup plus de bateaux… Nous choisissons une zone un peu plus libre sur la gauche. Mais les brochets ne sont plus si joueurs. Je pêche mais le doigt gonflé enrubanné me gêne dans la fluidité de la récupération. Pendant deux heures, nous verrons quelques poissons suiveurs, certains nageant 10 cm à côté du leurre ! Sur la fin d’une récupération, je perçois une lourdeur infime qui s’avère être un brochet ayant en gueule le paddle de mon FAT RockVibe Shad ! D’autres suivent le leurre pas à pas mais sans jamais montrer de signe d’agressivité. Nous discutons avec quelques concurrents (Gaël en particulier) qui font les mêmes constatations. Nous effectuons quelques changements de couleurs et de leurres, sans amélioration. Notre prospection est de temps en temps interrompue par des croisements avec d’autres bateaux. Mais l’enjeu devait être important pour eux, car aucun ne nous laissera la place… Avec notre petit bateau nous passions pour les rigolos de l’étape (en l’assumant) alors nous nous sommes modestement incliné. En même temps, nous ne souhaitons pas subir de collision, le rapport de force n’étant pas vraiment en notre faveur… 🙂 D’autres fois nous nous sommes fait doubler, les compétiteurs reprenant leur pêche juste devant nous. Mais bon, c’est le jeu !

Le temps passe, nous ne voyons même plus de poissons suiveurs lors d’un passage le long de la berge. Le repas nous est livré sur l’eau par le personnel de la Base, c’est du luxe et ça ne manque pas de nous remotiver ! Nos batteries faiblissent mais on poursuit, quitte à rentrer à la rame !!! De retour sur un secteur magnifique qui semble avoir reposé depuis quelques temps, Fabien lance son shad 4 pouces  blanc pailleté et perçoit une lourdeur qu’il ferre dans le vide. Mais la lourdeur revient et il ne manque pas de la sanctionner efficacement ! Le poisson fait 55 cm ! Yesss !!! C’est nettement un rescapé de la fraie : de jolies estafilades couvrent ses flancs, dont une qui laisse presque apparaitre ses boyaux… Vu son état, nous mettons beaucoup d’eau dans le bac et décidons de partir immédiatement à la pesée, qui est à environ 15 minutes cette fois. Le poisson fait 1200 grammes environ.

Il nous reste un peu plus d’une heure mais nos batteries sont trop faibles pour repartir sur notre zone. En les laissant reposer un peu, elles redonnent un peu de puissance mais pas assez pour faire plus de 100-200 m d’une traite (et encore, en finissant sur les rotules…), donc hors de question de tenter une traversée supplémentaire. Nous notons qu’il y a encore beaucoup de monde qui prospecte près de la pesée. A priori cette zone a été bonne puisque 4 ou 5 bateaux y séjournaient quasiment à plein temps. Nous apprendrons plus tard que certains quotas (poissons de 55-60 cm) ont été fait sur cette zone et que des poissons y ont été décroché jusqu’à la fin de la manche. Les poissons sortant de fraie, les mâles étaient encore très certainement à trainer sur les flancs de cette zone peu profonde. La quantité de poissons capturés à cette endroit semblait conséquente bien que des prises aient été enregistrées un peu partout sur les bordures du plan d’eau. Nous décidons de rester dans le coin, pêchant tant bien que mal, tentant une dérive qui s’avère trop rapide et incontrôlable sans moteur, et finissant même par sortir l’ancre car nous ne parvenons pas à tenir au vent. Tout ça malheureusement sans résultat. L’heure de la fin approche et nous sommes à une centaine de mètres de Johan et Jérémie qui font alors le hold-up à 15 minutes de la fin avec leur masta sandre pris sur ce qui semblait être une cassure au large.

La fin est signalée, je repars vers la mise à l’eau pour poser le bateau. Nous jetons le matériel dans la voiture et courrons ensuite à la remise des prix, mais malheureusement trop tard pour connaitre notre classement. Et oui, un pneumatique se range moins rapidement qu’une coque sur une remorque. A priori 17èmes sur 24 ! Seulement 4 équipages sont capots, tandis que 14 quotas ont été réalisés ! Un pot était payé par les organisateurs, mais malheureusement tout a été réglé en attendant la remise des prix. Dommage que tout aille si vite ! Même s’il est important que tout le monde ne rentre pas trop tard le soir. J’espère que la prochaine fois certains sauront attendre 10 minutes pour que tout le monde (même Patrick a raté le pot qu’il payait pour le concours qu’il organisait ! Un comble…) puisse en profiter !

L’analyse de notre journée à présent… Il faut bien l’avouer, notre approche minimaliste était un peu légère. Mais l’avantage du Défi Predators est là : il est possible de s’inscrire même avec des petits moyens ! Et je crois que nous l’avons bien montré. Le fait de ne pas avoir de vivier nous a simplement obligé à peser les poissons immédiatement afin de ne pas les faire souffrir et de ne pas risquer de les perdre. Nous ne le regrettons absolument pas. Évidemment aucun tri n’est possible ainsi, mais de toute façon nous n’avons pas eu le problème, ne parvenant pas à faire les trois poissons. Par contre le fait de devoir quitter les zones pour peser chaque poisson nous a nettement fait passer à côté de bons moments d’activité. Coco nous a annoncé que son équipier avait capturé trois brochets en 15 minutes, dont deux en deux lancers !!! Idem pour Vallée père et fils (Lowrance) qui font deux brochets dans les 10 premières minutes ! Nous avons également perdu pas mal de temps et de batterie pendant ces phases de navigation. Enfin, l’épisode du doigt nous a assez nettement refroidis. De « chaud patate », je suis passé à frileux et je crois que mon égarement a un peu déstabilisé Fabien. Aussi nous retiendrons qu’il ne faut pas s’emballer après une prise et que les décisions en suivant ont beaucoup d’importance. Le repas nous a tout de même apporté un second souffle et de nouvelles forces, traduites par le brochet de Fabien. Point positif, nous nous sommes bien entendus. Et il valait mieux car notre espace était compté ! 🙂 Enfin bon, pour une première, nous sommes tout de même contents. Nous voulions surtout prouver que c’était possible de pêcher et de faire du poisson avec notre petit bateau. Beaucoup nous prenaient pour des fous (certes c’est un peu vrai !) et s’inquiétaient pour nous. Malgré tout, nous avons tenu la journée !

Cette journée était pour moi le premier test avec le bateau SARO One-M 270. Et la journée s’est vraiment bien déroulée du point de vue « nautisme ». Certes ce type d’embarcation n’est pas idéal pour faire une compétition (qui impose de stocker des poissons dans un vivier), mais il est vraiment parfait pour partir léger à la pêche, à deux personnes. Étant donné que je vis en ville, c’est à peu près le seul moyen d’avoir un bateau pour pas trop cher. En effet ce modèle se stocke dans ma cave.  Il est plus intéressant (à mon sens) que les autres pneumatiques présents sur le commerce car sa toile est très résistante. Son prix est d’un peu moins de 1000 euros. Pour 400 euros supplémentaires, un moteur électrique et une batterie le complètent parfaitement. Le bateau, le moteur et le matériel de pêche passent sans soucis dans l’habitacle de ma petite voiture. Sur le bateau c’est impeccable, et je dirai même bien plus stable que beaucoup de petites coques ! Nous n’avons pas souffert de manque de place, et pourtant on sait qu’en compétition on a tendance à en prendre un peu trop… Le seul hic est la prise au vent, mais dans des conditions classiques (hors compétition on choisit son plan d’eau !) nous nous cantonnerions à des zones calmes comme des étangs abrités ou des bras morts. Bref ce modèle est simplement un condensé d’évasion, solide et à un prix correct !

7 Réponses to “Défi Nord Predators, manche Boucle de Seine, résultat !”

  1. Superbe récit Jérôme, il a l’air sympa ce pneumatique, tu l’utilises souvent ?
    Tu n’as pas peur des crevaisons ?
    C’est que l’avantage d’un pneuma est la stabilité, je me souviens des parties de pêche que nous faisions avec mon père sur le lac de Saint Étienne Cantales avec le pneuma de mes parents, ça ne bouge pas sur l’eau mais ça fait longtemps qu’on ne l’a pas fait (dix années de vacances passées sur les verges du lac).

    • cannafish Says:

      Salut Thierry,
      Nous l’avons utilisé un peu l’an passé (en Marne et sur les bras morts de Seine), et je pense que nous l’utiliserons plus cette année.
      En tout cas pour les crevaisons, aucune peur avec ce modèle ! La toile est vraiment impressionnante ! C’est pas du Sévilor si tu vois ce que je veux dire… Bref je ne pense pas que nous puissions percer avec le sol, un obstacle ou même avec un hameçon qui revient à fond (de toute façon j’ai mon brevet d’intercepteur… 🙂 )
      En plus ce modèle est gonflé en 4 parties : 1) tête (ça s’arrête vers le banc), 2) arrière droit, 3) arrière gauche et 4) quille.

      • je profites de ce petit commentaire pour vous annoncer que nous avons pêcher avec Enzo hier soir et qu’il en a profité pour repartir avec le film du défi. j’aurais donc sous peu les images et pourrais vous faire passer le montage. Pour info vous serez heureux pour le bateau car j’ai fait une petite séquence que vous pourrez utiliser qui a de la gueule, une petite musique sympa dessus avec des commentaire et c’est gagné

  2. Bravo à vous deux, très belle démo que notre passion peut être abordable…

  3. […] l’été est passé. La participation à la manche de Moisson (dernière manche de la saison 2011, faite “pour voir”) et de la manche de Choisy […]

  4. PESTEL Says:

    Salut, est ce qu’il est possible que tu me contacte pour avoir tes impressions après qques années de pratique avec ce saro. J’hésite avec un float et ca pourrait me convenir.
    MErci d’avance…la suite par mail si tu le veux bien !!

    • cannafish Says:

      Bonjour Arnaud et désolé pour la réponse tardive.
      Alors, le bateau gonflable SARO… En fait je m’en suis servi un peu moins d’une dizaine de fois. L’avantage du petit pneumatique : vous restez au sec… Et c’est moins fatiguant qu’un float. Ne pas oublier la possibilité de prendre pas mal de cannes et plus généralement de matériel (beaucoup plus que dans un float tube). Ne pas hésiter à prendre 2 batteries aussi… Car l’inconvénient principal, c’est la prise au vent de ces engins… Ça dérive pas mal alors il faut souvent se repositionner ou utiliser une ancre flottante par exemple (pour ralentir les dérives sous peine de très mal pêcher…).

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