Brochets à Paris / 2011

Ce matin avait lieu l’empoissonnement annuel (opus 2011) en brochets, effectué par l’Union des Pêcheurs de Paris (UPP).

Je préfère couper court à toutes les discussions de gros malins (vous savez … les « faites ce que je dis, pas ce que je fais » car je ne fais rien…) qui trouveront toujours à redire après ce genre d’évènement… Et donc je vais être offensif (le retour du grand Jé ? …🙂 ) : ben oui les gars, l’UPP est une AAPPMA relativement modeste (150 cartes je pense), qui gère un bief aussi urbain qu’emblématique (la Seine dans Paris ; et rien d’autre !) où rien n’est à l’heure actuelle possible en terme d’aménagements… Pour résumer, la Seine dans Paris intra-muros est juste un énorme canal dédié à la navigation (et rien ne doit entraver la circulation fluviale…) : à part le passage de péniches et de pousseurs de transport de matériaux et de bateaux-mouches pour le transport de masse de touristes, il n’y a pas grand chose… Dans ce contexte « spécial », il semble très difficile (allez, je lâche le mot : impossible…) d’aménager les berges, même si quelques projets apportent un maigre espoir, comme la frayère artificielle installée à proximité de la tour Eiffel (malheureusement je ne sais pas si elle « fonctionne » bien).

Bref le dilemme est là : que faire pour cette AAPPMA ??? Garder l’argent en caisse ? Ça ne sert à rien (littéralement) et ça serait logiquement critiquable, donc critiqué ! … La solution retenue par les membres de l’UPP est donc un empoissonnement annuel en brochet. Et au moins ce geste (un peu moins de 200 kilos, d’après mon pauvre dos pourri) est homogène avec les efforts consentis par d’autres AAPPMAs du même bassin versant (en effet des fingerlings et des brochets de toutes tailles sont déversés par plusieurs AAPPMAs qui gèrent des lots situés en amont). Le retour est maigre (on entend parler de maximum une dizaine de captures dans la saison, de poissons qui ne viennent d’ailleurs pas forcément de cet alevinage !) mais il est tout de même présent. Je pense également au brochet de 81 cm capturé récemment en Seine dans Paris, par Oliv’. Malheureusement pour les poissons introduits en Seine, les chances de reproduction sont assez maigres, étant donné que le biotope ne se prête guère à leurs ébats… Mais bon, gageons qu’ils sauront dévaler suffisamment pour trouver de meilleurs habitats ! Même si ces poissons ne sont pas « disponibles » pour les pêcheurs de l’UPP, je parie que certains d’entre eux feront un jour plaisir à des pêcheurs en aval !

En bilan, merci à l’UPP de ne pas baisser les bras et de tenter quelque chose, et encore merci à la petite dizaine de courageux qui étaient présents ce matin.

En épilogue, je regrette simplement que les nombreux « acteurs » … ah non pardon « utilisateurs » de la Seine n’aient pas trouvé le temps de se libérer une matinée pour passer donner un coup de main. Certes, je leurs accorde que porter des bassines est nettement moins drôle que d’aller à la pêche…

En espérant ne pas les voir « trop » sur le secteur dans les jours à venir…

Un grand merci au crankmitaine (filmandfish) pour la balade et les photos !!!😉

8 Réponses to “Brochets à Paris / 2011”

  1. Belle initiative !
    Franchement, sur les « masses d’eau fortement modifiées » comme la Seine à Paris, là où on sait qu’il est impossible de faire se reproduire le poisson naturellement, je vois pas où est le problème de rempoissonner en brochets pour faire plaisir aux pêcheurs, bien au contraire…
    Bravo à l’AAPPMA et aux bénévoles présents !

  2. Très belle matinée, même si ce fut très bref pour moi (car je ne suis arrivé qu’à partir de l’île st Louis) !

    Content de vous avoir rencontré (membres de FTF et de l’UPP), j’espère que le projet dont tu as parlé pour le prochain alevinage en bateau sera d’actualité l’année prochaine !🙂
    En attendant si ça te dit que l’on se retrouve pour une session pêche, ça sera avec grand plaisir !
    A bientôt !
    Thomas

  3. Ton article m’a donné envie de prendre ma carte de pèche à l’UPP.
    En espérant qu’un jours on puisse aménager de vrai zone de reproduction.

  4. Chacun est libre de ces convictions Jé, c’est pour moi un peu utopique il est vrai. C’est plus symbolique qu’autre chose. A mon sens de l’argent dormant en caisse en tout cas serait aussi profitable pour la jeune génération, en terme d’animations, de journée d’apprentissage, etc… sur des poissons super présents sur votre secteur comme la perche. Vous avez les ressources humaines et des poissons en nombre pour contenter une nouvelle génération de pêcheur qui doit apprendre a faire avec ce que l’on a. Cordialement BooT

    • cannafish Says:

      J’ai le don d’attirer les commentaires, comment dire… Non réfléchis !
      Premièrement il ne s’agit pas de mon AAPPMA de rattachement. J’y vais donner un coup de main car je pêche de temps en temps sur leurs lots. Ensuite, mes convictions personnelles sont assez éloignées du brochet dans la Seine !!! Sachant mon rôle à BBF, pas besoin de développer…
      Mais tu as raison, c’est symbolique !
      Et ça n’empêche pas d’autres projets comme ceux dont tu parles. Et qui existent ! Animations auprès d’écoles, etc. J’inclue aussi les FTF Open Street dans ces manifestations, d’ailleurs !
      Là où je ne suis pas du tout d’accord avec toi, c’est quand tu dis qu’on doit apprendre à faire avec ce que l’on a. Parfois oui, mais le plus souvent possible non !!! Pourquoi, sinon, te bats-tu pour réhabiliter le saumon dans ta région ??? Il y a toujours quelque chose à faire ! …😉
      Bref je pense qu’on ne se débrouille pas trop mal par chez nous… Merci de ton aide en tout cas !!!🙂

  5. Pour le saumon de ma région, il ne se porte pas trop mal, même plutôt bien dans la plupart des rivières, mais comme tu dits le boulot a été fait là où c’est facilement faisable. Pour le broc à Paris, c’est une autre histoire compte tenu du biotope, et je n’aimes pas les gestions à la « bassine » tout simplement, comme dises certains : un pansement sur une jambe de bois. Et disons que pour le reste des carnas, c’est quand même génial la Seine! Donc, c’est jute les brochets à Paris qui me choquent^^ Introduire des bass une fois dans un milieu où il peuvent ensuite prospérer pour valoriser un coté halieutique sportif, je suis tout à fait pour, c’est ce sur quoi d’ailleurs on essaye aussi d’avancer ici. Déverser des poissons dans un mileu inhospitalié, je ne conçois pas cela. Cordialement

    • cannafish Says:

      Et bien même si je n’aurai peut-être jamais été élément moteur d’une telle entreprise (brochets en Seine à Paris), je ne la critique pas ! Car je comprends, après mûre analyse de la situation, les difficultés liées à la gestion de ce type de milieu. Alors certes ce milieu est peu adapté à la reproduction du brochet, mais à cause de qui ? J’ajouterai bien que des brochets, il y en a toujours eu quelques uns en Seine, et même en plein Paris ! Certes il ne s’y reproduisent pas, mais ils y vivent parfaitement (ils y sont très gras car la bouffe ne manque pas…) ! Chaque année quelques beaux sujets y sont capturés ou observés ! Et je ne parle pas des zizis déversés ces dernières années ! Car il faut savoir que les biotopes sont assez beaux en aval et en amont de Paris (pas seulement en Seine d’ailleurs : Marne, Yerres, …), et les poissons, ça voyage (comme tes saumons !)…😉

      • Puisse t’ils trouver un peu de weed aquatique à leur goût quelques part et donner naissance à une orde de sifflets, c’est tout ce que je leur souhaite😉

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