Les compétitions en France… Une vitrine pas si bonne que ça…

Suite à notre saison (de compétition Défi Prédators Nord) en demi teinte, j’ai pas mal cogité. Oui, comme souvent. 🙂

Bon, OK, on est mauvais. Passons. 🙂 Mais quid des autres compétiteurs ? En fait, c’est pas vraiment beaucoup mieux…

Mise en garde nécessaire : ce que je vais écrire ici ne vise aucunement le Défi Prédators Nord. C’est valable, je crois, pour tous les circuits (GN Carla, autres Défis, …), tous les modes de pêche (street, float ou boat) et toutes les dates, … Car aussi loin que je me souvienne (j’ai débuté en Street AFCPL et en fait même avant cette « officialisation » avec les concours du bord « APNLE » !) les scores n’ont jamais été géniaux (mis à part au street de Paris sur lequel j’avais vraiment mis tout le monde d’accord… Et oui c’est la séquence frime, parce que je le vaux bien ! https://cannafish.wordpress.com/2009/10/18/resultat-street-fishing-afcpl-de-paris/ )…

Le bilan global que ma modeste expérience permet de tirer est donc que nos parcours ne sont franchement pas très poissonneux. En effet, les quotas sont très durs à obtenir.

Un des exemples le plus frappant est la dernière date de notre saison de Défi Nord, Amance, dont voici les scores :

Classement Noms Poids
1 S. Noël – N. Noël 2363
2 G-E. Mantoux – S. Mantoux 2180
3 A. Le Calvé – J-L. Cosseron 2052
4 C. Michaud – N. Delanoe 1419
5 C. Bindel – A. Bindel 0
6 C. Dupont – F. François 0
7 A. Prugnot – A. Videlo 0
8 J. Détry – B. Bertin 0
9 D. Ortillon – A. Penagos 0
10 S. Baer – D. Leite 0
11 J. Roetynck – L. Roetynck 0
12 A. Even – S. Boulay 0
13 C. Guépin – N. Legrand 0
14 J. Palaudoux – F. Tournelle 0
15 J. Daudé – J. De Freitas 0
16 J-M. Vanhove – B. Vanhove 0
17 R. Hussenet – B. Duru 0
18 R. Hayashi – G. Gillet 0
19 C. Vallée – P. Vallée 0
20 A. Mercier – P. Ledoux 0

J’ai déjà parlé longuement de cette dernière date du DPN opus 2013-2014 vu que j’étais bien dégoûté de notre sublime potentiel quota s’avérant être un capot (https://cannafish.wordpress.com/2014/06/11/amance-derniere-date-du-dpn-2013-2014/) ; mais pour résumer, sur 20 équipages seulement 4 ont fait des poissons. Prises très rapides à énumérer : 3 brochets et 2 perches : 5 poissons comptabilisés. Vous en conviendrez, c’est chaud…

Sur les 4 dates du DPN 2013-2014, je ne pense même pas qu’à chaque date il y ait eu un quota (rappelons que le quota est à 3 poissons sur le DPN) de réalisé (je veux dire qu’il y a eu des quotas, mais même pas 4 dans la saison…) !!! Et, globalement (statistiquement), la moitié des compétiteurs seulement fait du poisson (un poisson ou deux, mais le plus souvent un !). Tristes constats… Dur dans ces conditions pour les compétiteurs de mettre en place des stratégies puisque les poissons manquent cruellement pour les valider (les stratégies)…

On peut tout d’abord évidemment incriminer les participants. Mais pour avoir eu la chance d’observer des compétitions dans d’autres pays, globalement le niveau des français n’est pas si mauvais que ça. Les résultats des français s’expatriant pêcher en compétition à l’étranger (USA) tendent aussi à valider ce bon niveau moyen des pêcheurs français (attention : je ne remet ici absolument pas en cause la valeur de ces pionniers ! Il vaut mieux préciser les choses.).

Quelle autre excuse est alors possible ? Les conditions de pêche rencontrées ? Certes, les conditions, météo en particulier, reviennent souvent comme excuse récurrente. Et tout à fait valable !!! Un front froid juste avant une date, un jour sans vent, des trombes d’eau ou encore une journée extrêmement chaude et ensoleillée : autant de conditions qui surviennent fréquemment et au surtout mauvais moment, surtout si l’on ne sait pas trop comment les gérer !

Les résultats récents du National Bass 2014 (épreuve GN Carla ayant eu lieu le week-end dernier : 16-18 juillet 2014) vont dans le sens de ce bilan (à savoir que le manque de résultat vient du cruel manque de poisson souvent couplé à une météo défavorable !), à mon humble avis. Attention je n’y étais pas présent, mon analyse est uniquement basée sur ce que j’ai pu en lire et regarder (merci à (essentiellement) Fred Marre et Sylvain Garza pour les fils rouges FB !) tout le week-end. Le Lot est une rivière magnifique sur laquelle beaucoup d’entre nous ont des souvenirs merveilleux. Bref. Bilan du week-end de compétition : peu de quotas une fois encore… Alors certes, la météo était encore dure pour les pêcheurs et les poissons avec une canicule orageuse le samedi. Etant donné que le vendredi précédent la date était une journée de préfishing autorisé, j’avais grand peur pour le dimanche (poissons sollicités le vendredi puis le samedi…). C’est d’ailleurs une des raisons qui a fait que je ne me suis pas inscrit à cette date (avec 1) les frais liés au kilomètres, 2) l’obligation de poser 2 jours de congés en plus du week-end et 3) la période très estivale choisie pour ce concours). Or le coup de vent et le rafraîchissement attendus pour le dimanche pouvaient tout changer et justement faire bouger des poissons jusque là apathiques. Hélas l’orage a écourté la manche et ne permet donc pas de dire ce qu’il en est réellement. Bilan donc, peu de quotas (à 5 poissons pour cet événement) puisque sur les 2 jours, à 38 équipes (et pas des manchots en plus !) seulement 3 quotas ont été réalisés (3 le samedi ; et donc aucun le dimanche)…

En bilan, disons que je pense que le fond du problème est la quantité de poissons. Quelle tristesse sur la majorité des parcours français ! Organiser des compétitions sur de tels parcours est, osons les mots, suicidaire. Et c’est peut être aussi finalement pour ça que les marques ne misent franchement pas sur la compèt ! Et oui, pour vendre des leurres, le mieux est quand même de montrer qu’ils sont capables de faire du poisson. Or dans les conditions des compétitions… C’est une triste démonstration ! Il vaut donc mieux approvisionner des « sponsos » (moyennant règlement des leurres, of course…) assez malins pour avoir leurs entrées dans des domaines « cachés » ou encore des privés bien gérés que de soutenir un brave duo de couillons de compétiteurs qui se cogneront plusieurs centaines voire milliers de kilomètres dans la saison, accumulant les dépenses et la fatigue pour au final avoir une chance sur deux (statistiquement, en gros) de terminer carreau à telle ou telle date…

Les AAPPMAs bénévoles risquent elles aussi gros à organiser des concours. En effet, quel plaisir peuvent-elles trouver à voir 20 équipages (ou plus) se morfondre et maudire leurs parcours ? Quel image est ainsi véhiculée ? Une bien piètre image. Celle de lots de pêche peu poissonneux et/ou mal gérés. Or ce n’est pas toujours le cas : oui, il y a des gestionnaires qui travaillent bien, ou tout du moins qui essayent ! Le choix des dates est important. J’imagine (j’espère !!!) que si nous avions pêché Sandrancourt et surtout Amance en automne ou début d’hiver (à la place du printemps / début d’été), les résultats auraient été très différents (dur de faire pire de toute façon). Idem pour le National Bass : avec une météo plus douce il y aurait certainement eu beaucoup plus de quotas !

Les instances dirigeantes de la pêche (FPPMA et FNPF) sont également (largement) à blâmer. Mais là on touche un mal plus profond : la gestion de nos parcours… Et d’ailleurs elles ne s’y trompent pas et ne soutiennent que très (trop) rarement les concours. Et oui ma pauv’ Lucette : les feux de la rampe que pourraient apporter un gros concours ne servent finalement qu’à une chose : montrer la pauvreté des populations piscicoles françaises. Et donc de montrer les lacunes de gestion, ou plutôt les trous béants de la non gestion de certains parcours… Notons que les populations de poissons blancs se portent mieux que celles de carnassiers : alors la FNPF pourrait crier « vive la pêche au coup ! » et miser massivement dessus…

Tout ceci me fait réfléchir sur les notions de quotas et de mailles. Quel sens a la notion de quota si quasiment personne ne peut le réaliser ou même plus simplement faire tourner son vivier !? Quel sens à le mot maille si les poissons capturés ont du mal à dépasser celle-ci ? Après, on ne peut pas faire n’importe quoi à ce sujet là, éthique oblige… Je n’en dirai pas plus sur le sujet. Mais ça me fait repenser à un article : je relisais il y a peu une vieille (relativisons : elle date de 2012 mais reste d’actualité) interview de David Dubreuil (http://bass-ac.over-blog.com/article-dubreuil-et-la-competition-103834187.html). Je vous invite à la lire également !

J’arrête là pour aujourd’hui mais il aurait encore énormément à dire… En particulier sur la gestion des cours d’eau français ! (même si j’ai commencé un peu)

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5 Réponses to “Les compétitions en France… Une vitrine pas si bonne que ça…”

  1. Merci pour cet article, je me posais depuis un bon bout de temps la question! Pourquoi y a t’il si peu de poissons pris dans les compétitions d’eau douce. Si tu regardes les scores d’un labrax tu verras que ce n’est effectivement pas la même chose…même si il y a des compètes ou cela est désert. En tout cas, bravo pour l’investissement dans les compètes, comme ça coûte chère et ça rapporte peu mais tes CR tactiques sont riches d’enseignements.

    • cannafish Says:

      Merci pour le commentaire !
      Et je dirai que l’enseignement principal est qu’il faut faire tout l’opposé de ce que je conseille !!! 🙂

  2. Super article.
    Il faut peut être aussi prendre en compte le fait que dans notre pays, les biotopes sont de petites tailles (comparés à ceux d’Espagne,USA ou autres). Cela doit aussi jouer sur les résultats.
    Si on fait un parallèle avec deux autres compétitions, concours de pêche au coup et enduros carpes, on trouve parfois le même type de résultats: une poignée récupère le gros des prises, le reste fait capot. Cela n’est pas exceptionnel et assez courant.
    Dernièrement, dans mon bled, un obscur magouilleur qui fomente un coup d’état sur l’appma locale (pour les prochaines élections), essayait de m’attirer dans son futur bureau en me disant « on fera des compèts de streefishing » (comme je pêche aux leurres, hein, forcément, hein, j’adore la compèt de street hein, parce que je suis no kill hein…). Ce à quoi, je répondis « il n’y a pas le cheptel » (mais le cadre est charmant, il est vrai) et lui de rétorquer avec fierté « bah, on mettra du poisson! ».
    … -_-.
    Voilà, le développement et la sauvegardes des milieux, c’est du javanais pour certains… Alors qu’il s’agit du seul et vrai combat à mener désormais.

    • cannafish Says:

      Salut Fabrice ! (Content de te lire sur cannafish au passage !!!)
      En fait j’ai « coupé » l’article originel en 2. Dans la première version (environ double de celle que j’ai publié) je partais dans un gros délire (pas si délirant que ça au passage !) sur les soucis de gestion. Je parlais en particulier des USA (les grands esprits se rencontrent…). Attention, je ne suis pas spécifiquement fan de ce qui se passe là bas. Mais, en matière de pêche et plus important de protection de la nature, je pense qu’on pourrait s’inspirer.
      Plutôt que de développer un autre article, je copie / colle ce que j’avais commencé :

      « Aller (Fabrice l’a voulu… 🙂 ), c’est parti pour le HS…
      Je parlais de gestion. Autant y revenir. En fait ça fait un moment que je me pose des questions sur le pourquoi du comment de ce manque de poisson dans notre beau pays. Lisant attentivement les reportages d’Alban Choinier (concernant la pêche à la mouche aux Etats-Unis), j’ai profité d’un salon pour le questionner un peu plus en détails. Pourquoi tant de poissons chez eux (USA) ? Qu’est-ce qui change par rapport à chez nous ? Dans ce cas précis, il semble que l’immensité du territoire américain permette une large répartition des cultures (elles sont plus réparties sur le territoire). Et donc de moindres concentrations de produits chimiques (pesticides en particulier). Bilan il y a de nombreux insectes. Et donc de nombreuses truites ! Sacrebleu c’est pourtant simple !!!
      Autre différence. Discutant avec Coco de la façon dont est gérée la pêche aux Etats-Unis, je me suis rendu compte qu’ils fonctionnent énormément « à péage ». Pour accéder à un plan d’eau, il faut payer. Qu’importe la raison de l’accès : même pour pic-niquer (je veux dire par là que tout le monde paye, pas seulement les pêcheurs) ! Et l’argent ainsi récolté est employé pour l’entretien, la garderie (qui existe VRAIMENT) et pour les populations de poissons. Pas nécessairement à l’empoissonnement d’ailleurs. La recherche (R&D), la construction et l’entretien des mises à l’eau, des digues, etc. En France c’est très différent et les seuls « utilisateurs » de l’eau à payer sont à l’heure actuelle les pêcheurs. Toute la partie nautisme (kayak, raft, voile, ski nautique, jet-ski, …) n’est pas ou peu concernée (sauf cas de lacs « privés »), mis à part pour la vignette VNF bien sûr (d’ailleurs, il sert à quoi cet argent, concrètement ?).
      Parlons de tarif à présent. Le permis annuel en France coûte (pour un pêcheur aux leurres) 90 euros environ. Pour peu qu’un parcours près de chez vous propose un lac non réciprocitaire, vous dépasserez tranquillement les 100 euros. Par an donc. Aux USA, une licence « à vie » coûte dans les 50 dollars (chiffre à vérifier !)… Mais les pêcheurs doivent s’acquitter des droits d’accès au plan d’eau dont je parlais juste au dessus. Sacrée différence me direz vous… Oui mais : en France aussi on paye. Soit la vignette VNF, soit simplement car toutes les mises à l’eau ne sont pas gratuites. Et encore, où va cet argent ? Dans les poches du propriétaire de la mise à l’eau. Et donc où vont les 100 euros du permis ? Ça, je l’ignore pour une grosse partie et pourtant ça fait un moment que je traîne du côté des gestionnaires (AAPPMA, FPPMA et même un peu dans les locaux de la FNPF)… Attention : localement (au niveau des AAPPMAs c’est à dire la plus petite partie : 15 à 20% de la somme perçue sur la vente d’un permis !?), très souvent cet argent est « bien » utilisé. Quand au reste, c’est précisément elle qui est la plus opaque ! »

      • C’est bien cela, petit territoire, concentration des produit polluants (agriculture intensive, jardinier amateurs, industries, villes…), facilité d’accès des zones de pêche, manque de garderie pour faucher les excès et surtout un système de ponction de l’argent qui date de l’ancien régime -_-… Le gros de l’argent des permis va au fonctionnement administratif des fédés.
        Un autre point m’a toujours interloqué: pourquoi ce sont des amateurs (aappma) qui sont censés « protéger les milieux » alors que beaucoup -trop- de ces personnes n’ont quasiment aucune connaissances de bases en biologie, écosystème, ichtyolologie ( car bien souvent l’empirisme ne suffit plus)… Et parfois donnent des ordres au techniciens de fédé qui eux, ont bossé pendant tout un cursus pour apprendre leur taf correctement.
        Si ce n’est pas le monde à l’envers.
        Allez fin du hs ^^.

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