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Le JéBoat sort de l’atelier naval Dupaquier/Claverie…

Posted in Mode test, Nautisme with tags , on 17 novembre 2011 by cannafish

Bon… Nouvelle ère pour moi, avec (c’est une première !) un article de nautisme pur et dur !
Voici donc la naissance du Jé Boat ! Je vais essayer d’être aussi complet que possible, en expliquant tous les choix effectués et toutes les étapes ! Et vous allez le voir, il s’agit d’un énorme travail d’équipe, dans lequel je ne suis malheureusement pas assez intervenu… :(

Déjà, un mot sur le choix de l’embarcation… Après moult réflexions (pour résumer : d’un côté de la gamme il y a la Souther avec un prix aussi léger que l’épaisseur de ses tôles d’aluminium ! ; et de l’autre côté de la gamme il y la Linder 355, à l’imposante largeur… et au prix assorti !), j’ai opté pour (roulement de tambour…) une Alumacraft 1236 !

Cette embarcation en aluminium riveté fait 3m66 de long pour 1m40 de large (au plus large). C’est à mes yeux un bon compromis pour les eaux françaises. La largeur est correcte (elle est plus large qu’une Souther ou une Sea Arc de même taille, qui font respectivement 1m17 et 1m21 de large !), ce qui donne une bonne stabilité ; tandis que le poids de la coque nue (60 kg environ) permet de la mettre à l’eau un peu partout. Elle est équipée de série de deux bancs qui sont les réserves de flottaison et d’une petite plateforme avant. En fait j’avais déjà pas mal pêché sur ce type de barque car Fabien Girard, Christophe et Benoit en possèdent chacun une. Sans compter le ZoolBoat et celui de Fabien Tournelle… D’ailleurs j’ai hâte de voir toute cette armada réunie aux prochaines rencontres BBF…

Concernant la remorque à présent : au final j’ai choisi le vendeur en fonction de la remorque proposée, ainsi que du tarif de l’ensemble, évidemment. J’ai donc choisi une remorque CBS (modèle P1B), avec des roues de 13 pouces (option à 50 euros, bien plus pratique que les petites roues vendues de série, surtout quand on doit faire de la route…).

En revanche la remorque est assez mal réglée de série (il faut que je m’atèle à ce problème sans trop tarder…) et les éléments fournis ne sont pas forcément les plus appropriés : je pense en particulier au rouleau qui est fourni pour bloquer l’avant de la barque, et à la place duquel un patin aurait été plus indiqué ! En effet l’Alumacraft est un Jon Boat, l’avant est donc plat. Bref il faudra que je change ça… Il faut également penser à de bonnes sangles (pour ça les sangles de camion semblent les plus sûres…). Autre soucis : trouver une roue de secours ! Mais c’est en passe d’être réglé…

Voilà pour la base. J’en profite pour remercier Fred Miessner et Arnaud Darde qui m’ont aidé respectivement dans l’achat et dans la récupération de la barque (Arnaud habitant à Albi, il m’a apporté la barque aux Rencontres BBF, nous évitant ainsi un sacré détour…) vendue au magasin Euroloisirs 81 (Albi), également connu comme le site http://www.barque-de-peche.com/.

La barque a ensuite commencé sa transformation, rejoignant pour cela l’atelier Yon Dupaquier (Metal 64) à Bayonne. Merci à Yon pour l’énorme travail de qualité et pour les intéressantes discussions qui ont ponctuées l’aménagement. Merci également à son père et aux collègues d’avoir accepté le petit paquebot traînant dans leurs jambes pendant quelques jours… Yon était aidé par Benoit, qui n’a pas ménagé sa peine et qui a passé de longues heures au téléphone avec moi, ainsi que sur la route, à cause de moi… Merci à vous deux pour votre incroyable travail ainsi que votre patience ; et désolé pour les galères de livraison (nous y reviendrons…) !

Première étape, réaliser le pontage de la barque. Le premier problème est arrivé avec le pont avant car il y avait d’origine un écart de niveau assez important entre la petite plateforme avant et le banc central (6 cm environ !). Yon a du rattraper cette importante différence de niveau en pliant une plaque en Alu (en gros, en forme de U), qu’il a ensuite soudée sur le banc central. Yon a ensuite installé une armature en profilé aluminium de 30 mm de côté. Cette armature a permis de remettre tout au niveau.

Ces profilés ont également été mis en place de façon à accueillir différents éléments comme les platines de fixation de sièges, par exemple. Le pont arrière a été mis au même niveau que le pont avant, afin de ne pas avoir de marche (comme ça les cannes des deux pêcheurs sont positionnées parfaitement à plat). La partie centrale (plus basse) a également reçu une armature en profilé, de façon à isoler le matériel de l’eau qui pourrait se trouver là ; de permettre le passage des câbles ; et également de ponter cette partie. Tous les profilés de cette armature ont été soudés entre eux et rivetés aux bancs, évitant ainsi des équerres innombrables, et pas mal de rivets…

Le pontage de la barque a ensuite été réalisé avec des tôles en aluminium de 3 mm d’épaisseur, rivetées à l’armature en profilé. Comme énoncé juste avant, Yon et Benoit ont également couvert le centre du bateau (la partie basse) avec une tôle en aluminium "grain de riz", qui est antidérapante. Yon a boulonné et soudé (au bord du bateau) le support de moteur électrique (Minn Kota Edge 45 Lbs), sur l’avant gauche du bateau, en n’oubliant pas de faire un trou pour passer le câble électrique. Deux sièges peuvent être montés sur la barque : celui de devant est placé juste devant le banc central, tandis que l’arrière est placé au centre du banc arrière (en fait au centre du pont arrière). Les deux patines de ces deux sièges sont fixées dans le dur (c’est-à-dire à travers le plancher aluminium ET les profilés). Deux bacs à batteries (en aluminium plié et soudé) ont été ajoutés (soudées et rivetées aux bancs et au sol) : le premier est positionné devant le banc central et peut recevoir les deux batteries (100 et 125 Ah) du moteur électrique. Le second bac est placé à l’arrière droit, et recevra une batterie (80 Ah) pour les pompes (cale, vivier, aérateur) et le sondeur (les pompes ne provoquant pas de "chutes" de tension comme le fait un moteur, il est possible d’installer le sondeur sur la même batterie que les pompes et j’espère qu’ainsi il n’y aura pas de parasites…).

Point suivant, la réalisation du vivier. Niveau dimensions, nous souhaitions un vivier assez long mais pas forcément large (de quoi placer un joli brochet) : le vivier fait donc 85 cm de long, par 25 cm de large et environ 25 cm de hauteur (soit environ 50 litres d’eau, donc 50 kilos). La position du vivier a été très discutée… Fabien et Christophe, possédant tous les deux des Alumacraft, ont placé leurs viviers "dans" le banc central (en fait le haut du banc central est découpé, la mousse du banc est ôtée et le vivier y est installé). Benoit et moi souhaitions conserver les réserves de flottaison intactes (pour la sécurité), nous avons donc décidé de positionner le vivier devant le banc arrière. C’est aussi pour contrebalancer un peu l’ensemble que nous avons placé le premier bac à batteries juste devant le banc avant (les deux batteries pèsent également environ 50 kg). Après les premiers tests (en pêche et en navigation au thermique), on peut dire que les deux bateaux ne sont absolument pas déséquilibrés. Autre avantage, le pont arrière se retrouve ainsi élargi, ce qui apporte plus de confort au pêcheur arrière.

Pour apporter l’eau au vivier, une pompe de vivier "Rule" (marque connue pour la qualité de ses produits), crachant 750 gallons d’eau par heure, soit 2840 litres/heure (sur les conseils de Fabien j’ai choisi ce débit relativement élevé pour ne pas avoir de problème à amorcer l’arrivée d’eau…), a été installée sur le tableau arrière, sous la ligne de flottaison. L’eau arrive dans le vivier par un tuyau renforcé de (diamètre intérieur) 19 mm (3/4 de pouce), et passe par un tuyau percé permettant d’oxygéner l’eau à son arrivée. Un filtre à particules (grille métallique) est positionné à l’extérieur du bateau afin de ne pas ramasser de débris pouvant perturber la pompe. L’eau excédentaire est évacuée (par le tableau arrière également) via un système de trop plein, qui fait également office de vidange (il suffit de dévisser le trop plein). Le diamètre d’évacuation de ce trop plein est 29 mm (1 pouces 1/8), ce qui est supérieur aux 19 mm de l’arrivée d’eau, afin de faciliter l’évacuation.

Une pompe de cale (automatique) "Rule" est également installée à l’arrière du bateau, le plus bas possible (en faisant attention au placement de façon à pouvoir installer la nourrice), et rejette l’eau via un passe coque situé sur le flanc gauche (à bâbord), au dessus de la ligne de flottaison. J’ai choisi une pompe envoyant 1100 gallons par heure (soit 4160 litres/heure), et qui bénéficie d’un tuyau d’évacuation en 38 mm (1 pouce 1/2) : si jamais il y a un problème d’entrée d’eau, je ne veux pas regretter une pompe trop faible… Yon a réalisé un petit support très ingénieux pour supporter la pompe de cale. Ce support la protège des chocs et permet de conserver l’accès au bouchon de vidange (tout en le protégeant également !).

Dès que possible, je pense installer un aérateur qui permettra de tenir les poissons sans renouveler l’eau (très utile quand on pêche dans des zones un peu "pourries"). Le tout sera connecté à un circuit électrique "correct" et surtout étanche (j’ai quelques idées à ce sujet…). J’ajoute ici que l’utilisation du vivier n’aura absolument rien de systématique et qu’il sera mis en route seulement les jours de compétition ou lorsque je serai au milieu d’un banc de perches en activité (les perches seront alors rendues à leur élément dès la fin du pic d’activité : il est inutile de les conserver trop longtemps ou de les déplacer, uniquement pour satisfaire notre ego…).

Après l’atelier Dupaquier, la barque a fait une escale à la maison Claverie pour la touche finale : la moquette ! Pendant mon absence, Benoit et Christophe avaient moquettée le pont avant, j’ai juste terminé le pont arrière avec Christophe.

La moquette marine est collée à la néoprène (faites attention à bien ventiler l’endroit où vous travaillez pendant cette opération !). Les points délicats sont les angles, il faut bien encoller partout et ne pas hésiter à faire rentrer la moquette en appuyant comme un âne. Il ne faut pas oublier d’appuyer fort sur les parties plates, et s’aider de cales en bois pour les intérieurs des ouvertures (retours des coffres). Nous avons également moquetté les trappes (avec retours, là il faut utiliser des serres-joints pour les parties les plus biscornues). Des lèves planchers ont été ajoutés à chaque trappe (sauf pour la trappe arrière pour laquelle ce n’est pas nécessaire car on peut simplement la lever en passant la main dessous, près du thermique). Il me restera juste à poser les charnières. Un mot sur ces trappes : il y en a cinq sur cette barque. En fait il n’y a que trois coffre mais deux d’entre eux sont doubles (deux trappes pour le coffre avant et deux trappes pour l’ouverture du vivier). Le premier coffre double (70 cm de long par 60 de large) est positionné sur le pont avant, juste devant le siège. Il s’ouvre en deux parties, chacune vers un côté de la barque (comme un volet), chaque trappe faisant 70 cm par 30 cm. Ces deux trappes permettent d’accéder aux batteries sans se contorsionner (et se casser le dos…) et permettent aussi d’accéder au vaste espace de rangement. Le fait d’en avoir deux permet d’en ouvrir une en laissant les cannes sur l’autre, si il y a besoin d’accéder au rangement avant en cours de pêche. Le second coffre double est celui du vivier. Et là encore il y a deux trappes : une de 15 cm de large et une seconde de 45 cm de large. Et vous le remarquez, le vivier faisant 85 cm, il n’est pas totalement à l’air quand les deux trappes sont relevées. Cela permet de ne pas avoir à déplacer les cannes quand il faut ouvrir le vivier. Et pourquoi avoir cette ouverture en deux parties ? Simplement pour pouvoir glisser les poissons par la petite sans risque de voir ceux déjà présents dans le vivier s’en échapper (si, si, ça arrive…). Le dernier coffre est placé à l’arrière du bateau, juste devant le moteur thermique. Rabattu il ferme proprement le pont arrière, relevé il permet d’accéder aux pompes, à la batterie arrière, à la nourrice, etc.

Point final, le moteur thermique : j’ai eu la chance de trouver sur "le bon coin" un Yamaha 2 temps de 9,9 chevaux (ouf, j’ai le permis fluvial !!!) à un prix correct. En plus il était dans les Landes, ce qui a permis de le récupérer en embêtant un peu moins Benoit (mais quand même un peu, puisque suite à un petit incident à la récupération du moteur, Benoit boite… :( ). Comble de bonheur, il a démarré au quart de tour… Et sur la barque, il permet de tourner à environ 30-35 km/h (précisions : seul, avec le vivier vide). Nous mesurerons ça mieux dès que nous aurons un GPS correct. Honnêtement cette puissance est suffisante pour une telle embarcation mais il est toujours possible "d’améliorer" un peu l’engin. On verra… Le fait que le pont arrière soit rallongé vers l’avant (par la largeur du vivier) ne gêne pas vraiment en conduite, sauf si on a les bras un peu courts. Donc ça va pour moi ! :)

J’en parlais en préambule, il est difficile (périlleux ?) d’acheter des éléments de nautisme sur Internet. Or c’est ce que j’ai fait. Voici donc quelques points pour lesquels il faut faire attention… En premier lieu je pense aux pieds de siège Pike’n’Bass : gros point négatif ! Ils tremblent dans tous les sens (le diamètre a été réduit sur une partie de l’embase, ce qui engendre ce jeu désagréable !)… Et le pompon avec le modèle réglable en hauteur qui ne supporte même pas mon poids et glisse lentement et inexorablement vers le bas ! Pourtant 83 kilogrammes, c’est pas la fin des haricots !!! Autre point où il faut faire attention : embase droite ou embase conique ? … Car parfois les descriptions des revendeurs ne sont pas très au point… Je me suis donc retrouvé avec un pied à embase conique, dont je ne peux rien faire (j’avais acheté les platines et le pied au même endroit, mais ça n’a pas choqué le vendeur…). Idem attention aux diamètres des tuyaux en plastique (pour les pompes) : j’ai acheté mes pompes aux Etats Unis (niveau tarif il n’y a pas photo…) et il est parfois difficile de trouver les bons diamètres en France, ou alors c’est du tuyau vraiment pas top… Le tuyau noir souple vendu en France 2 euros les 30 cm, ça reste en travers de la gorge !!! Pensez-y lors de votre commande, n’oubliez rien (pompes + tuyaux + passages de coque si besoin !).

J’ai ennuyé pas mal de monde avec cette barque, alors je tiens à les lister encore une fois en guise de conclusion : Fred Miessner, Arnaud Darde, Fabien Tournelle (conseils aménagement), William Fau (conseils Souther), Philippe Amiel et Sylvain Garza (conseils aménagement), Laurent et Richard (stockage barque), Christophe Hugues (moquette man !), Fabien Girard (conseils aménagement), Yon Dupaquier (aménagement) et Benoit Claverie (aménagement et plein d’autres galères partagées… Vous pouvez d’ailleurs retrouver le report de l’aménagement de sa barque sur son blog : http://fishinglandes.wordpress.com/2011/11/13/chantier-naval-dupaquier/ !) !!!

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